Circoncision de Jésus - Première moitié du XVIIe siècle. Attribuée à Ferraù Fenzoni ou Ferraù da Faenza (Faenza, 1562 - Faenza, 11 avril 1645)
Importante huile sur toile (195cm x 124cm) dans un splendide cadre d'époque marbré avec des angles dorés et gravés de volutes végétales. Cette œuvre peut en effet être introduite dans le répertoire pictural de la phase mature du maître de Faenza.
Il s'agit d'une œuvre inédite qui n'est jamais apparue sur le marché de l'art.
FENZONI (Faenzoni, Fanzoni, Fanzone), Ferraù (dit aussi Ferraù da Faenza). Troisième de cinq enfants, Faenzoni est né en 1562 et, selon Mancini (1617-1621, p. 241), "dans sa patrie, ayant eu la possibilité, grâce à la copie de bonnes peintures, d'apprendre les principes de l'art...", il a très tôt manifesté ses dons naturels pour la peinture et le dessin. Il se rend à Rome vers la fin du pontificat de Grégoire XIII (mort en 1585) et là, selon Baglione (ms. 1642), il réalise sa première commande publique en participant, avec V. Salimbeni, G. Stella et d'autres, à la décoration de la loggia des bénédictions à S. Giovanni in Laterano. L'histoire romaine du peintre de Faenza doit être lue dans le climat varié, emblématique, parfois inspiré et bouleversé, âprement conflictuel, du maniérisme romain tardif. Dans ce climat, il est souvent difficile d'identifier les influences croisées qui ont nécessairement dû exister, notamment entre les peintres qui ont travaillé aux cycles sixtins. Selon Baglione, le F. devait avant tout décorer le passage entre la nef droite de S. Giovanni in Laterano et l'escalier qui mène au palais du Latran (l'œuvre a été perdue lors des restaurations borrominiennes).
La contribution la plus importante de l'artiste au programme sixtin est probablement celle des fresques de la Scala santa (1589); Baglione lui attribue Moïse et le serpent d'airain, La Crucifixion, La Flagellation (que Scavizzi, 1960, attribue toutefois à Salimbeni) et Caïn et Abel. Au-delà des réminiscences michelangelesques, et tout en étant influencé par Lilio, le F. a atteint des effets d'un picturalisme tempéré, et en même temps d'un fort dynamisme de composition et d'un expressionnisme accentué. Au début de la dernière décennie du siècle, le F. participe, avec d'autres artistes du groupe de Sixte V, à la réalisation du cycle de fresques de la Vie de la Vierge à S. Maria Maggiore, sur les murs de la nef centrale entre les fenêtres, achevé en 1593.
Ces fresques ouvrent un nouveau cours stylistique à la peinture de F., qui, peut-être aussi grâce à un voyage hypothétique en terre émilienne, entre en contact avec le milieu bolonais, de B. Passarotti aux Carrache. À l'exécution souvent sèche et nerveuse des autres œuvres romaines se substitue ici une trace large et parfois solennelle, soutenue par une ligne plus large et plus douce ; selon Viroli (1992, p. 316), on y perçoit "l'influence de la culture barocchesque".
À la fin du siècle, il effectue un séjour en Ombrie, marqué par un nombre considérable d'œuvres. Le F. réside et travaille pendant environ six ans (peut-être déjà à partir de 1593 et jusqu'en 1599) à Todi, où il est appelé par l'évêque Angelo Cesi qui lui commande l'une de ses entreprises les plus remarquables et les plus prestigieuses, à savoir l'intervention dans la décoration de l'intérieur du dôme de Todi, qui débute avec le grandiose Jugement universel peint à fresque sur la contre-façade, daté dans une inscription de 1596, où s'entrecroisent une conception par moments académique et des notes d'un réalisme surprenant. Autres œuvres de F. en Ombrie : Foligno, évêché, une Annonciation, exécutée pour le dôme ; Gualdo Cattaneo, paroisse, chapelle du Santissimo, fresques avec des Histoires de s. Michel Archange et des figures de saints ; la Déposition de la sacristie du dôme de Pérouse est "peut-être l'une des plus anciennes œuvres ombriennes" de F. (Sapori, 1989, pp. 95 s.).
De retour définitivement à Faenza en 1599, le 2 mai 1603, le F. épouse Anna di Cesare Naldi, sa concitoyenne, de bonne naissance. Au cours de ces années, les tendances académiques sporadiques, déjà exprimées dans le dôme de Todi, prennent plus de consistance et la mémoire du premier maniérisme, dans la recherche de rythmes aptes à équilibrer les masses et les mouvements, se manifeste dans les thèmes de composition de sa dernière activité en Romagne. À partir de 1600, il sera le protagoniste d'une activité picturale intense et florissante, dans la ville qui l'a vu naître, parmi lesquelles les fresques de la cathédrale, caractérisées par une plus grande recherche d'un équilibre de composition plus réservé et suave. À Faenza, où son art est très apprécié par ses concitoyens, le F. semble avoir atteint un solide statut bourgeois. Le F. meurt à Faenza le 11 avril 1645 et est enterré dans l'église de S. Cecilia (détruite).
Nous joignons un certificat de garantie historique d'authenticité. Le tableau est visible dans notre galerie de Foligno (PG).
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