XVIIIe siècle, Italie du Centre-Nord, Paire de marqueteries
Description:
XVIIIe siècle, Italie du Centre-Nord
Paire de marqueteries
(2)Divers bois, 25 x 38,5 cm
Ces deux marqueteries du XVIIIe siècle, réalisées par une série d'incrustations polychromes de différents bois, apparaissent très rares et d'une exécution minutieuse. En effet, l'artiste, ébéniste et peintre à la fois, applique sur le fond d'épicéa une série de placages et de loupes de différents bois : on peut reconnaître des bois comme le pommier, le poirier, le noyer, l'érable et le cerisier. L'utilisation de la pyrogravure, c'est-à-dire la gravure de la surface du bois à l'aide d'une pointe de fer chauffée à blanc, permet de définir les lignes qui caractérisent les différentes divisions de la composition, ensuite caractérisée par l'application de couleurs jouant sur les différentes nuances de bruns et de bleus.
L'une des deux marqueteries représente une scène de paysage côtier avec des personnages affairés à des activités commerciales : certains suivent le transport de marchandises sur des embarcations aux voiles déployées, tandis que d'autres sont occupés à terre, au premier plan. La silhouette de l'arbre à droite, l'éperon rocheux au centre et la tour à gauche, à l'entrée de la crique, contribuent à définir le sens de la profondeur du paysage, achevé en arrière-plan par les profils bleutés des montagnes, chromatiquement liés aux teintes de la mer et du ciel, traversé par des oiseaux en vol. Les figures, dynamiques et synthétiques dans leurs mouvements et leurs caractérisations somatiques et vestimentaires, caractérisent les deux scènes, animant leur environnement : l'une plus paysagère, l'autre plus architecturale. La seconde marqueterie présente en effet de nombreux édifices civils, religieux et militaires, décrits analytiquement dans leurs différentes typologies structurelles. Ils, outre qu'ils exemplifient les capacités virtuoses de la perspective de l'artiste, fournissent un témoignage intéressant des architectures du XVIIIe siècle : palais, portiques, tours, renvoient à cette époque de contacts commerciaux et de préoccupations militaires, comme on peut le déduire de la ronde des sentinelles le long du chemin en spirale autour de la tour avec la cloche au sommet. Le type de réalisation, le langage figuratif, l'utilisation du fond d'épicéa renvoient à l'environnement centre-septentrional italien de la seconde moitié du XVIIIe siècle, probablement dans une zone en contact avec la culture et la tradition vénitiennes.