Apertura ricerca...
Exclusive

Giambettino Cignaroli (Vérone, 1706 – 1770), Sibylle Tiburtine

Codice: 455688
6.500
Aggiungi ai preferiti
Epoque : XVIIIème siècle
Catégorie  : Mythologique
Exposant
Ars Antiqua SRL
Voir tous les articles du vendeur
Via Pisacane, 55, Milano (MI (Milano)), Italia
+39 02 29529057
http://www.arsantiquasrl.com
Giambettino Cignaroli (Vérone, 1706 – 1770), Sibylle Tiburtine 
Description:
Giambettino Cignaroli (Vérone, 1706-1770) Sibylle Tiburtine Huile sur toile, 95,5 x 70,5 cm Avec cadre, 113,5 x 88,5 cm Fiche critique du Prof. Stefano Agresti La figure féminine est représentée à mi-corps, le regard tourné vers le ciel, dans une attitude d'extase contemplative typique des sibylles de la tradition iconographique du XVIIIe siècle. La femme porte une robe rose corail à amples manches, superposée à un manteau doré et ornée d'un châle de fourrure noué sur la poitrine avec un ruban bleu, la même couleur qui rappelle le nœud dans les cheveux rassemblés en tresses élaborées. Le bras droit, levé, soutient le visage dans un geste pensif, tandis que la main gauche repose sur un livre ouvert sur lequel on peut lire une inscription prophétique relative à la naissance du Christ, élément qui identifie clairement le sujet comme la Sibylle Tiburtine, annonceuse de l'avènement. Le fond sombre et neutre concentre l'attention sur la figure, valorisée par une lumière chaude qui modèle avec une grande douceur le visage, les chairs et les drapés, selon un rendu pictural élégant et lumineux. Ce sont précisément les écrits qui apparaissent dans le livre qui permettent de l'identifier comme la Sibylle Tiburtine. Personnage très connu tant au Moyen Âge qu'à l'époque moderne, bien qu'elle n'ait pas été représentée par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, elle est souvent citée dans les textes anciens et ses représentations picturales ne manquent pas, parmi lesquelles la plus célèbre est une marqueterie placée sur le sol du Dôme de Sienne. Ce n'est pas un hasard si le texte fidèlement transcrit dans le tableau ici illustré pour la première fois se réfère à la naissance du Christ : en effet, c'est précisément ce présage qui est le plus célèbre parmi ceux rapportés de l'antiquité. Il existe en effet toute une tradition littéraire, remontant même à l'époque romaine, dans laquelle sont rapportées les prophéties de la Sibylle Tiburtine, personnage dont il est très improbable qu'une contrepartie historique réellement identifiable ait jamais existé : il faut citer Varron, le premier auteur qui a compilé une liste de ces sages de l'antiquité, rapportant également les présages relatifs, à la seule exception, de manière significative, de celui de la Tiburtine, que l'on trouve transmis à part. On raconte qu'elle vint à Rome, frappant par sa beauté, appelée par Auguste pour interpréter un rêve que cent Sénateurs auraient fait simultanément. Elle les invita à la suivre sur l'Aventin, où ils eurent la vision de neuf soleils différents par leur grandeur comme par leur forme. La Sibylle Tiburtine interpréta les soleils comme des générations futures : la quatrième, peuplée d'incroyants, aurait vu naître la Vierge, son futur époux Joseph et le fils Jésus. La légende raconte également que, accompagnée de l'empereur Auguste sur le Capitole, elle indiqua le ciel, où apparurent la Vierge à l'Enfant : c'est à cet endroit que serait ensuite s'élever la basilique, encore existante aujourd'hui, de Sainte-Marie-d'Aracœli. Ce n'est donc pas un hasard si le texte rapporté sur la toile constitue un avertissement qui concerne précisément la naissance de Jésus. Giambettino Cignaroli naquit à Vérone en 1706. Après des études de rhétorique chez les Jésuites, il s'approcha de la peinture, se formant d'abord auprès de Sante Prunati, puis, avec son contemporain Pietro Rotari, dans l'école d'Antonio Balestra. En 1728, il ouvrit sa propre boutique et s'installa ensuite pour une période à Venise, où il put étudier de près les œuvres de Titien, Véronèse et Palma le Vieux, une expérience qui marqua profondément sa palette chromatique. De retour à Vérone, son activité connut un succès croissant, s'étendant à de nombreuses villes italiennes comme Milan, Parme, Turin, Bologne et Ferrare, avec un intense mécénat de la part des ordres religieux émiliennes. Bien qu'il n'ait jamais quitté l'Italie, il travailla pour d'importantes cours européennes, de l'Électeur de Saxe au roi de Pologne, de la tsarine de Russie aux princes-évêques de Bressanone, jusqu'à la couronne d'Espagne, pour laquelle il réalisa la grande pala de la Madone à l'Enfant et Saints aujourd'hui au Prado. Il fut également une figure centrale de la vie culturelle véronaise, promoteur et premier directeur de l'Académie d'art qui porte aujourd'hui son nom, ainsi qu'auteur d'écrits théoriques sur la peinture. Son style est généralement placé dans une position d'équilibre entre les échos tardifs de Raphaël et les premiers signes du goût néoclassique. Cette Sibylle s'inscrit cohéremment dans le catalogue cignarolien, montrant des affinités avec diverses œuvres du maître véronais. Le rendu lumineux et la douceur des drapés rappellent la grande Transfiguration du Christ dans la Cathédrale de Vérone, où la lumière joue un rôle tout aussi central dans la construction des figures sacrées. Le cadrage, centré sur une figure féminine à l'allure gracieuse et au regard tourné vers le ciel, trouve un parallèle dans la Sainte Agathe de la Basilique de San Martino à Alzano Lombardo, où des attentions similaires sont dédiées à l'expressivité du visage et au rendu des précieux tissus. La Madone à l'Enfant de collection privée et la Madone à l'Enfant dans l'église de Santa Maria Formosa à Venise partagent également avec notre Sibylle ce sens de légèreté et d'enlèvement spirituel traduit par des poses ouvertes et des regards tournés vers le haut. Différente, mais utile à la comparaison, est la Danaé de collection privée, œuvre qui témoigne de la capacité de Cignaroli à aborder également des sujets plus sensuels et mythologiques, démontrant une polyvalence thématique qui coexiste avec la même qualité technique dans le rendu des carnations et des draperies.