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Giacomo Francesco Cipper, dit le Todeschini (Feldkirch, 15 juillet 1664 – Milan, 17 octobre 1736), Scène d'auberge avec un joueur de cornemuse

Codice: 449847
8.000
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Epoque : XVIIème siècle
Catégorie  : Scène animée
Exposant
Ars Antiqua SRL
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Giacomo Francesco Cipper, dit le Todeschini (Feldkirch, 15 juillet 1664 – Milan, 17 octobre 1736), Scène d'auberge avec un joueur de cornemuse 
Description:
Giacomo Francesco Cipper, dit le Todeschini (Feldkirch, 15 juillet 1664 – Milan, 17 octobre 1736) Scène d'auberge avec un joueur de cornemuse Huile sur toile, 74 x 60 cm avec cadre, 88 x 74 cm La toile intitulée « Scène d'auberge avec un joueur de cornemuse » est une œuvre de la période de maturité de Giacomo Francesco Cipper, universellement connu sous le nom de Todeschini. Artiste d'origine autrichienne mais profondément ancré dans le tissu culturel et figuratif de la Lombardie entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, Cipper se distingue dans cette œuvre par une narration qui fuit toute forme de piétisme ou de condescendance morale envers ses humbles protagonistes. L'objectif artistique qui émerge avec force de la composition est le rendu lucide et pragmatique de la beauté inhérente à la vie concrète, une esthétique qui se détache nettement du pathos mélancolique typique de nombre de ses contemporains pour embrasser une restitution vitale et optimiste de la réalité quotidienne. Dans cette scène, le Todeschini réélabore avec originalité la tradition des Bamboccianti, leur insufflant une dignité presque monumentale qui regarde aux expériences de Monsù Bernardo et Alessandro Magnasco, tout en maintenant une adhérence absolue au donné réel. La composition est dominée par un groupe de figures saisies dans un moment de pause conviviale : un joueur de cornemuse, sur la gauche, est occupé à souffler dans son instrument avec une vigueur qui semble presque sortir de la toile, tandis qu'au centre, un jeune homme établit un dialogue silencieux avec les autres convives. Cette physionomie spécifique du jeune homme représente un motif iconographique récurrent dans le catalogue du peintre, que l'on retrouve avec des variantes dans diverses toiles en collection privée, confirmant un répertoire de « types » humains étudiés d'après nature et reproposés avec une savante technique. Le réalisme de l'œuvre s'étend avec une précision méticuleuse à la définition des objets d'usage quotidien. La carafe en céramique, le pain brisé sur la table en bois brut et les ustensiles qui peuplent la scène ne sont pas de simples accessoires décoratifs, mais des éléments clés d'une narration qui célèbre la matière. Les coups de pinceau vibrants, typiques de la main de Cipper, construisent les volumes à travers un plasticisme chromatique qui donne corps et poids aux figures, les immergeant dans une atmosphère clair-obscur où la lumière, bien que dense, définit avec franchise les expressions parfois grotesques et chargées de verve satirique des personnages. Cette approche, qui frôle la licence théâtrale, trouve un parallèle significatif dans les réformes du théâtre dialectal milanais de l'époque, suggérant une affinité élective entre la peinture du Todeschini et la culture populaire la plus authentique. La scène est située à l'extérieur de ce qui apparaît comme une auberge rurale, avec un fond architectural dominé par une tour cylindrique qui dessine sa silhouette sur un ciel strié par les lumières du crépuscule. Ce détail paysager, joint à la présence du chien au premier plan qui observe attentivement le joueur, confère une profondeur spatiale et un sentiment de sérénité quotidienne à l'ensemble de la composition. Les rappels stylistiques avec d'autres œuvres capitales de l'artiste, comme la « Scène de marché » de la collection Zeri ou les toiles conservées au Museo Ala Ponzone de Crémone, sont évidents dans le traitement des natures mortes et dans le rendu des tissus pauvres mais vibrants de couleur. En définitive, la toile se configure comme un chapitre fondamental de cette peinture de réalité lombarde, capable d'élever le quotidien à la dignité de l'art à travers un langage pictural puissant, ironique et profondément humain.