Gaspar van den Hoecke (Anvers, 1585 – 1648)
Le festin d'Hérode
Début du XVIIe siècle
Huile sur panneau, avec rehauts d'or (dans les vêtements de Salomé et dans les tentures du palais au second plan)
56 x 80 cm, encadré 72 x 90 cm.
L'œuvre, riche en détails non reportés ici, est consultable en intégralité directement via le lien suivant - lien -
Précieux tableau réalisé à l'huile sur panneau représentant le roi Hérode et la belle princesse juive Salomé, selon l'épisode tiré de l'Évangile de Matthieu (14,3-11), qui la voit comme protagoniste dans l'histoire du martyre de Jean-Baptiste. L'événement montré est un croisement entre histoire et légende, un mythe privilégié pendant des siècles par les artistes de tous les domaines : Caravage dans la peinture, Oscar Wilde au théâtre, Richard Strauss dans la musique. Dans le modèle artistique, Salomé, jeune inconsciente instrument de vengeance de sa mère, devient le symbole de la luxure.
Pour l'occasion de l'anniversaire du roi Hérode, Salomé, l'agréable fille d'Hérodiade sa maîtresse, se produisit dans une danse séduisante pour le plaisir des convives. Sa danse fut tellement appréciée qu'Hérode promit de lui donner en récompense tout ce qu'elle souhaiterait, même une partie de son royaume si elle le voulait.
La jeune fille se rendit auprès de sa mère pour demander conseil, et Hérodiade, mue par la rancune contre Jean-Baptiste, lui ordonna de demander la tête du Saint sur un plat. Salomé, victime inconsciente des volontés de sa mère, devient l'interprète du meurtre du Saint, obtenu avec habileté et ruse, et pendant le festin présente sa tête sur un plateau d'argent, comme un trophée. Nous voyons le Roi réagir avec indignation à cette situation, tandis que les deux femmes semblent indifférentes aux conséquences de son geste, debout à l'autre bout de la table avec une robe couleur or et un large décolleté.
Au second plan, sur la gauche, est représenté, par synchronisme optique, l'événement qui précède la représentation principale, c'est-à-dire le martyre et la décapitation de Jean-Baptiste, qui se déroule à l'intérieur d'une prison austère aux fenêtres grillagées, en nette opposition à la situation d'opulence au premier plan.
Le splendide tableau est une œuvre qui, compte tenu de la qualité picturale, est attribuable à l'atelier du peintre Gaspar van den Hoecke (1585 – 1648), l'un des plus grands maîtres du premier baroque flamand d'Anvers, dont les œuvres ressentent fortement l'ascendance picturale de Frans Francken, artiste de référence pour l'école hollandaise méridionale, et avec lequel elles ont souvent été confondues en raison de leur nette similitude stylistique.
Voir à titre comparatif les deux œuvres de Van den Hoeche :
- Parabole de Lazare et du riche ÉpcurrentNode' (lien)
- Le Festin de Balthazar, New York, Sotheby's, 24.01.08, lot 210 (lien)
Comme nous pouvons le constater, ses peintures, dominées par des figures traitées avec un extrême soin et drapées dans des vêtements aux volumes larges et pompeux, sont réalisées avec une intense splendeur chromatique et caractérisées par une recherche dans le choix des pigments typique de l'école flamande de haut niveau. La gestuelle étudiée des acteurs et leur mimique intense sont les artisans de la forte tension narrative qui transparaît du tableau, et sont rendus avec un extrême réalisme et une définition.
Le panneau se trouve en excellent état de conservation et ne présente pas de restaurations particulières lors de l'analyse à la lampe de Wood. Cadre en bois doré, non postérieur.
INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES :
Le tableau est vendu accompagné d'un certificat d'authenticité et d'une fiche iconographique descriptive.
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