Ce buste en stuc patiné est un portrait sculpté de l'archiduc d'Autriche et grand-duc de Toscane, Pierre-Léopold, devenu plus tard l'empereur Léopold II.
Attribué à Innocenzo Spinazzi
Dim. 83cm x 75cm x 31cm (vers 1770)
Quelques petits éclats et restaurations anciennes, compatibles avec l'époque et l'usage.
Un rare exemple de la production de portraits de Spinazzi, l'un des plus grands sculpteurs actifs à Florence à la fin du XVIIIe siècle. Formé à Rome dans l'atelier de Bartolomeo Cavaceppi, il apporta en Toscane un langage néoclassique rigoureux, mis à jour selon le goût de l'antiquité.
Ce buste de Pierre-Léopold de Habsbourg-Lorraine reflète la volonté de la cour grand-ducale d'aligner son image sur le modèle des portraits impériaux romains : compostion, frontalité, idéalisation mesurée. Ce n'est pas un hasard si la Gazzetta Toscana en 1773 soulignait que l'œuvre avait été réalisée « à la manière des bustes des anciens empereurs ».
La diffusion de plusieurs versions en stuc et en plâtre témoigne du succès iconographique du portrait et de sa destination également au collectionnisme privé florentin.
Biographie d'Innocenzo Spinazzi (1726–1789)
Innocenzo Spinazzi fut l'un des protagonistes de la sculpture italienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, interprète raffiné du passage du baroque tardif au langage néoclassique. Sa carrière s'est développée entre Rome, où il s'est formé, et Florence, où il est devenu sculpteur officiel de la cour des Habsbourg-Lorraine.
Formation à Rome et premières années
Spinazzi est né à Rome en 1726. Sa formation s'est déroulée dans l'atelier de Bartolomeo Cavaceppi, l'un des plus importants restaurateurs de sculpture antique de l'époque.
Il y acquit :
une profonde familiarité avec la sculpture classique ;
une solide technique de restauration philologique et de réintégration de fragments ;
un goût esthétique mis à jour selon l'antique, qui lui permit de se mouvoir naturellement dans le courant néoclassique émergent.
Durant ses années romaines, il produisit des œuvres en marbre et en plâtre et participa aux activités de l'atelier, très fréquenté par les collectionneurs européens à la recherche de sculptures renaissantes « à l'antique ».
Arrivée à Florence (1770) et nomination comme sculpteur de la cour
En 1770, Spinazzi fut appelé à Florence sur demande du grand-duc Pierre-Léopold de Habsbourg-Lorraine, qui entendait renouveler la production artistique médicéenne vers les nouvelles valeurs du rationalisme des Lumières.
À Florence, Spinazzi reçut immédiatement des commandes prestigieuses :
restaurations pour le Musée des Offices et pour les collections grand-ducales ;
réalisation de bustes et de monuments commémoratifs ;
interventions dans des palais publics et dans les résidences lorraines.
La cour apprécia sa capacité à allier mesure néoclassique, pureté formelle et portrait psychologiquement vivant.
La production de portraits
L'un des domaines où Spinazzi excella fut le portrait sculpté.
Son buste de Pierre-Léopold, modelé en plâtre, stuc et marbre en diverses versions, devint un véritable portrait officiel du grand-duc.
La Gazzetta Toscana, en 1773, observa que le buste était « à la manière des anciens empereurs » : une reconnaissance de l'approche classiciste que Spinazzi avait apprise à Rome et qu'il transférait désormais dans le contexte toscan.
Ses œuvres de portrait se distinguent par :
la rigueur dans la restitution anatomique ;
l'élégance des surfaces traitées avec une très fine douceur ;
l'équilibre entre l'idéalisation et la fidélité au visage ;
des poses qui rappellent les modèles augustéens et trajanéens.