Johan Sadeler I
(Bruxelles 1550 - Venise 1600)
Saint Jérôme
Burin
Mesures : mm 256 x 210
Les Sadeler étaient une famille d'artistes flamands, principalement des graveurs de reproduction, actifs dans toute l'Europe entre le XVIe et le XVIIe siècle. Le style des membres de la famille est très similaire et pas toujours facile à distinguer. Pendant trois générations, se déplaçant de la Hollande à l'Italie, s'arrêtant en Allemagne et à Prague, ces graveurs, éditeurs et marchands d'estampes ont joué un rôle central dans la diffusion des images. À partir de 1572, Jan/Johan travaille à Anvers, alors centre mondial de l'imprimerie. Il est également devenu maître de la corporation de Saint-Luc. Avec son jeune frère Rafael l'Ancien, il s'installe d'abord à Cologne, mais les troubles de la révolte hollandaise obligent les artistes d'Anvers à se déplacer. Ainsi, les Sadeler arrivent en Italie en 1593, à Venise, où ils ouvrent une imprimerie.
À l'intérieur d'une grotte, loin du profil du château que l'on aperçoit à l'arrière-plan, est représenté Saint Jérôme agenouillé. Conformément à l'iconographie, le saint est un homme âgé, barbu, le visage marqué par les rides contraste avec le corps plastique et vigoureux, couvert seulement d'un léger pagne. De la main droite, il soutient un crucifix, dans la gauche une pierre avec laquelle il est sur le point de se flageller. Son regard se pose devant un livre de prières ouvert et au-delà de la statue de la Vierge à l'Enfant. Au premier plan, le lion, attribut du saint, un crâne, symbole de la caducité de la vie terrestre, et à gauche une statue de femme nue en morceaux, jetée parmi les ronces. Sous l'image sont gravées quatre lignes en latin sur deux colonnes : Cum sacrum... / ...tua fixa cruce. Plus bas au centre : G. Monstaert pinxit. Joh. Sadeler Sculpit. Ferdinand Reael excudit. Gillis Mostaert l'Ancien (Hulst 1528-Anvers 1598) était un peintre et dessinateur de la Renaissance avec un atelier florissant à Anvers. Il est aujourd'hui connu pour ses sujets de paysages, notamment nocturnes ou avec des effets d'incendie. La notice de l'exemplaire conservé au British Museum indique qu'il existe une feuille spéculaire dans laquelle Sadeler a gravé une Madeleine.
Excellente impression rognée le long du bord du cuivre toujours visible sauf sur le côté inférieur. Excellent état de conservation, feuille appliquée sur papier épais du XVIIIe siècle.
Bibliographie : Hollstein 370.